Mont des Arts

Histoire du Mont des Arts

Le Mont des Arts (Kunstberg en néerlandais) a demandé plus d'un demi-siècle de travaux. Ce qui avait commencé comme une ambition royale de créer une « colline des arts » monumentale est devenu, après deux guerres mondiales, l'un des espaces publics les plus réussis d'Europe.

Une colline de ruelles

Avant le XXe siècle, la pente qui reliait la ville haute — le Quartier royal et le Coudenberg — à la ville basse était occupée par un quartier populaire dense de ruelles, d'ateliers et de petites maisons. C'était un versant animé et serré, au cœur d'une capitale en pleine croissance, situé juste entre le palais royal et le centre commercial.

Léopold II et l'idée d'un « Mont des Arts »

À la fin du XIXe siècle, le roi Léopold II lance une série de grands travaux urbains destinés à donner à Bruxelles la monumentalité de Paris ou de Vienne. L'un d'eux prévoit de transformer cette colline en « Mont des Arts », un quartier rassemblant musées, bibliothèques et salles d'exposition sur la pente. Le nom — colline de l'art en français, Kunstberg en néerlandais — date de cette période.

L'Exposition internationale de Bruxelles en 1910

L'exposition universelle de 1910 donne vie au projet pour la première fois. Des palais provisoires et des jardins d'ornement sont aménagés sur la pente, offrant au public un aperçu de ce que pourrait être un quartier artistique monumental. Une fois la manifestation terminée, les constructions temporaires disparaissent, mais l'ambition demeure.

Un demi-siècle de débats

Les travaux définitifs commencent dans l'entre-deux-guerres, avec la démolition d'une partie du vieux quartier, mais ils avancent lentement. Projets architecturaux concurrents, problèmes de financement et deux guerres mondiales retardent l'achèvement pendant des décennies, et la colline reste longtemps une plaie ouverte au centre de Bruxelles.

La reconstruction d'après-guerre et l'Expo 58

Après 1945, le site est reconstruit comme un ensemble moderniste cohérent. L'intention a changé : il ne s'agit plus de célébrer une dynastie, mais de créer un espace public d'où les citoyens puissent voir toute leur ville. Les travaux s'accélèrent dans les années 1950, et l'Exposition universelle de 1958 (Expo 58) amène des millions de visiteurs dans un Bruxelles qui se présente comme moderne et international.

Les jardins en terrasses de René Pechère

Les jardins qui descendent la colline sont associés à l'architecte paysagiste belge René Pechère. Ses terrasses symétriques, ses haies taillées, ses pelouses et sa fontaine centrale donnent une échelle humaine à l'architecture monumentale et créent le cadre vert qui rend la place agréable à vivre. Les plantations ont été renouvelées à plusieurs reprises depuis, notamment lors des campagnes menées à partir des années 1990.

KBR, BOZAR et le quartier des musées

Les institutions culturelles autour de la place ont été construites à des époques différentes. BOZAR, le Palais des Beaux-Arts dessiné par Victor Horta, ouvre en 1928 et reste l'une des grandes salles de concert et d'exposition de Bruxelles. La Bibliothèque royale de Belgique, aujourd'hui KBR, occupe le côté est de la place dans un bâtiment largement élevé dans les années 1950 et 1960. À quelques pas, les Musées royaux des Beaux-Arts et le Musée Magritte complètent l'un des quartiers de musées les plus denses d'Europe.

Le Mont des Arts aujourd'hui

Le Mont des Arts est aujourd'hui un espace public gratuit et ouvert, utilisé chaque jour par les Bruxellois et les visiteurs. Sa terrasse supérieure est devenue le point de vue classique sur la vieille ville, tandis que les jardins accueillent manifestations, installations lumineuses et concerts informels. Entretenu en continu par la Région de Bruxelles-Capitale, il reste l'expression la plus claire de la manière dont un projet urbain royal est devenu un projet citoyen.

Sources et pour aller plus loin

Pour les informations officielles sur les expositions, les horaires et les événements, consultez les institutions et organisations touristiques ci-dessous.